20 février 2007

Le bilan après dix ans

Nous devons nous poser la question, après quelques années d’application du décret Lutgen, de faire l’inventaire des entraves illégales et contraventions à la liberté de circulation instaurée par ledit décret.

On  doit pointer du doigt les sociétés de chasse qui comptent se réapproprier la forêt et se livrent à tous les abus pour satisfaire la satiété de leurs actionnaires  de tuer et de rentrer fièrement munis d’impressionnants trophées, fussent ils artificiels, c'est-à-dire provenant de bêtes d’élevages lâchées la veille de la battue. La chasse la plus écologique et la plus rentable pour sauvegarder la valeur vénale de la forêt contre les écorcements et le surpâturage des recrus (jeunes arbres provenant du semis naturel), tout en s’assurant les revenus de la location, est sans conteste la vénerie qui en  même temps opère une sélection naturelle indispensable depuis la disparition  des prédateurs comme les loups et les lynx ; la prolifération de gibier entretenue par les sociétés de chasse, au mépris des directives de

la DNF

, entraîne des dégâts importants à la sylviculture, les rassemblements autour des points de nourrissage assurant la diffusion des épizooties( dont la peste porcine) , et les conditions favorables au développement des tiques dangereuses pour l’homme.

Contrairement aux idées reçues, et allègrement diffusées  avec la complicité de

la DNF

, la quiétude NE fait PAS  partie de l’ordre naturel de la vie de la faune, car du temps des prédateurs, les herbivores étaient en permanence sur le qui vive et pourchassés.

Les prédateurs opéraient en même temps sélection naturelle et limitation de la population optimale pour un territoire donné.

La location à des sociétés de chasse moyennant des prix élevés, donne l’illusion au propriétaire de réaliser une bonne affaire ; mais les dérives d’un locataire présent pour 9 ou12 ans, et, qui pour les sommes d’argent déboursées se croit chez soi, va précipiter le bailleur dans un catastrophe financière, voyant la valeur marchande de ses plus beaux arbres s’attirer la méfiance des amateurs de bois de sciage de qualité  fût ce à des prix très élevés pour une qualité irréprochable ; la surpopulation organisée,sans égard des amendes infligées pour non respect du plan de tir, a multiplié les écorcements dont on retrouvera trace à

1,5 m

du pied des grumes au beau milieu des planches sciées ;  le surpâturage des recrus impose au propriétaire une coûteuse replantation de jeunes arbres qu’il faut protéger par une coûteuse clôture. Ces peuplements uniformes amènent à de dangereuses monocultures, sources de maladies contagieuses pour chaque variété d’essence.

Les excès des sociétés de chasse par battues sont sans limite : soudoiement des agents de

la DNF

  et d’échevins des communes propriétaires pour couvrir les entorses aux cahiers des charges, mesures d’intimidation à l’encontre de la circulation légale en forêt,  nourrissages ou plutôt appâtages, au besoin avec des aliments de qualité douteuse, introduction de sanglochons

( croisement d’une truie domestique avec un sanglier) très prolifiques et viandeux,mais aussi très sensibles à la peste porcine.

N’importe quel observateur éclairé et impartial comprendra que d’autres modes de chasse s’imposent. L’Ir  Letocart du cantonnement d’Eupen a ouvert la voie à de nouvelles règles assurant le respect du plan de tirs ;néanmoins la chasse en battues reste cruelle et dangereuse par le manque  de discipline des chasseurs qui se tirent dessus, ou tirent en direction des traqueurs ; les chiens des traqueurs qui dévorent vivants les gibiers à la traîne( jeunes, faibles ou blessés par un impact non mortel, inévitable car tirer avec précision sur une cible mobile vers trois directions , relève de l’exploit ou du hasard( cette course- poursuite sauvage par des chiens de traque sans rappel  n’est qu’une chasse à courre de mauvais aloi jamais sanctionnée)

Acceptons donc l’idée que l’interdiction de la vènerie fut une mesure inique, laissant à une bête en pleine forme toutes les chances d’en réchapper, en même temps que la fréquence des sorties de l’équipage assure la dispersion du gibier. La mise à mort de la victime par égorgement n’est plus qu’une banalité de nos jours ( viandes casher et halal) ; les chiens ne s’approchant du gibier qu’au signal du piqueur.

Posté par NCERFONT83 à 20:17 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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